Interview du CEO Jean-Laurent Bonnafé - Résultats T2 2014 fr


EuroBusiness Media (EBM) : Le Groupe BNP Paribas, une des plus grandes banques d’Europe, publie ses résultats du deuxième trimestre 2014. Jean-Laurent Bonnafé, bonjour et bienvenue !

Jean-Laurent Bonnafé : Bonjour !

EBM : Quels sont vos commentaires sur les résultats du Groupe au deuxième trimestre ?

Jean-Laurent Bonnafé : Nos résultats du deuxième trimestre intègrent le coût de l’accord global avec les autorités des États-Unis, que nous avons annoncé fin juin. Son impact négatif sur les résultats du 2e trimestre s’élève au total à 5,95 milliards d’euros.

Si l’on exclut cette charge et les autres éléments exceptionnels pour examiner la performance opérationelle, le résultat net part du Groupe s’élève à un très bon niveau, 1,9 milliard d’euros pour le 2e trimestre.

Au 2e trimestre, le produit net bancaire des pôles opérationnels progresse de 4 % à périmètre et à change constants avec des revenus stables dans Retail Banking, une hausse des revenus d’Investment Solutions, ainsi qu’une très bonne performance réalisée par CIB, tirée par la forte progression de Conseil & Marchés de Capitaux.

Les frais de gestion progressent plus lentement que les revenus dans nos trois principaux métiers, générant un effet de ciseaux positif, hors charges exceptionnelles. Au 2e trimestre, l’exécution du plan Simple & Efficient s’est poursuivie dans le Groupe. Ce plan est en bonne voie ; le montant cumulé des économies récurrentes réalisées atteint déjà 1,2 milliard d’euros.

Le résultat brut d’exploitation du groupe hors éléments exceptionnels progresse donc de 6 % et le coût du risque s’établit à 53 points de base, en recul pour le trimestre, et confirmant sa stabilité dans sa fourchette d’évolution depuis début 2013.

Notre ratio Core Tier 1 Bâle 3 fully loaded s’établit à 10 %.

En parrallèle, BNP Paribas continue d’augmenter sa base de dépôts, comme le montre la croissance de 4,5% des dépôts de Retail Banking par rapport à l’exercice précédent.

EBM : Après l’accord avec les autorités des États-Unis, pouvez-vous confirmer que les tendances opérationnelles sous-jacentes vont rester en ligne avec les objectifs de votre plan de développement 2016 ?

Jean-Laurent Bonnafé : Oui. Je tiens d’ailleurs à réaffirmer l’intérêt stratégique pour le Groupe de l’Amérique du Nord ; où nous envisageons de développer encore davantage nos activités Retail, Investment Solutions et CIB au cours des années à venir.

EBM : Comment ont réagi vos clients et vos contreparties à l’accord conclu avec les États-Unis ?

Jean-Laurent Bonnafé : Parvenir à un règlement de ce dossier était notre priorité. Sa conclusion est un important pas en avant pour BNP Paribas. Après la signature de l’accord, nous avons contacté directement nos clients pour les informer et répondre à leurs questions. Je m’y suis personnellement impliqué, avec toute l’équipe de direction de la banque.

D’une manière générale, nos clients nous ont exprimé leur soutien. Ils ont compris que nous assumions la responsabilité des comportements passés et que nous nous tournions vers l’avenir. Ce soutien est illustré par plusieurs succès commerciaux au cours du trimestre, comme par exemple le mandat paneuropéen de conservation et de gestion administrative d’actifs, d’un montant de 180 milliards d’euros, confié à Securities Services par le Groupe Generali.

EBM : À combien estimez-vous le coût du plan de remédiation mis en place à l’échelle du groupe ?

Jean-Laurent Bonnafé : Nous avons provisionné au 2ème trimestre une charge non récurrente de 200 millions d’euros qui couvre la mise en place du plan de remédiation annoncé, en particulier la création, à New York, d’un nouveau département appelé Group Financial Security US, chargé du traitement et du contrôle de l’ensemble des flux en US dollars par le biais de notre succursale de New York.

Pour éviter qu’une telle situation ne se répète, nous annonçons également un plan global visant à renforcer les procédures et le contrôle interne au-delà du seul plan de remédiation. L’organisation des fonctions de supervision et de contrôle sera calquée sur le modèle du Département Risques et de l’Inspection générale. Les départements Compliance & Legal seront donc intégrés verticalement pour assurer leur parfaite indépendance et une efficacité maximale.

Nous allons mettre en place un comité intitulé « Comité Groupe de Supervision & Contrôle », que je présiderai personnellement, pour s’assurer de la cohérence et la coordination des actions de supervision et de contrôle. Nous créerons également un « Comité d’Ethique Groupe » chargé de superviser nos règles de fonctionnement applicables à certains secteurs spécifiques et à certains pays sensibles.

Nous allons encore renforcer les ressources affectées aux fonctions de conformité et de contrôle. Je tiens à souligner que depuis 2009, l’effectif de notre département Group Compliance a augmenté de plus de 40 % pour atteindre près de 1.600 personnes fin 2013.

EBM : S’agissant de vos activités de banque de détail dans Domestic Markets, la conjoncture macro-économique ne s’améliore guère dans la zone euro, où la croissance du PIB reste faible. Quel est l’effet sur les volumes et sur le coût du risque au 2ème trimestre ?

Jean-Laurent Bonnafé : Au 2ème trimestre, la performance de Domestic Markets est globalement bonne. La croissance limitée observée dans la zone euro continue de freiner l’activité de crédit, qui reste globalement faible.

En revanche, la collecte de dépôts est soutenue en France, en Belgique et chez Cortal Consors en Allemagne. Le total des dépôts atteint 296 milliards d’euros, en progression de 3,8 % par rapport à l’exercice précédent.

Nous avons continué de développer notre activité de Cash Management, où la transition vers le standard européen SEPA nous a valu plusieurs succès commerciaux.

De même, nous avons maintenu la dynamique d’innovation dans notre offre numérique grâce à la poursuite du développement de Hello Bank !, du portefeuille électronique (e-Wallet) et de l’offre d’encaissement sur mobiles.

Les revenus atteignent 3,9 milliards d’euros, en progression de 0,7 % grâce à la bonne performance de la banque privée et d’Arval, malgré l’effet de taux toujours bas.

Les frais de gestion reculent de 0,6 %, traduisant une nouvelle amélioration de notre efficacité opérationnelle en France, en Italie et en Belgique, conforme à notre plan de développement 2014-2016.

Le résultat brut d’exploitation s’améliore de 3 %, et le résultat avant impôt s’établit à 0,9 milliard d’euros, un niveau légèrement inférieur à l’exercice précédent, du fait de la hausse du coût du risque en Italie. Ce trimestre, le coût du risque reste faible en France, et même très faible en Belgique.

Comme vous le constatez, une bonne performance d’ensemble de Domestic Markets ce trimestre.

EBM : Le groupe bénéficie d’une présence internationale diversifiée en banque de détail. Comment a évolué, au 2e trimestre, l’activité dans vos principales implantations ?

Jean-Laurent Bonnafé : Lorsque l’on regarde l’évolution au 2ème trimestre de notre activité Retail Banking à l’international par rapport à l’exercice précédent, on voit que les fluctuations de change ont un impact significatif. Ainsi, pour mieux appréhender les performances, il faut l’étudier à périmètre et à change constants.

Dans la division Europe-Méditerranée, la croissance des volumes reste soutenue au 2e trimestre. Les crédits et les dépôts y progressent de plus de 11 % par rapport à l’exercice précédent. Dans la zone Europe-Méditerranée, nous avons continué de développer nos activités de cash management et de banque privée où les actifs sous gestion progressent, particulièrement en Turquie, atteignant 3,5 milliards d’euros.

Les revenus progressent de 2,7 % malgré l’impact des nouvelles réglementations entrées en vigueur en Algérie et en Turquie au 3e trimestre 2013. Sans cet effet, les revenus augmentent de près de 10 %, avec une croissance dans tous les pays.

Les frais de gestion augmentent de 6,7 %, principalement en raison du renforcement du dispositif commercial de TEB en Turquie.

Le coût du risque de la zone Europe-Méditerranée recule ce trimestre, et le résultat avant impôt s’établit à 119 millions d’euros, en léger recul par rapport à 2013.

Concernant BancWest aux Etats-Unis, la croissance des volumes reste forte, reflétant une bonne dynamique commerciale. L’activité de Banque Privée poursuit également son bon développement, comme le confirme l’augmentation des actifs sous gestion à près de 8 milliards de dollars.

Les revenus du 2e trimestre s’améliore de 1,2 % en lien avec la hausse des volumes et malgré la persistance d’un niveau des taux d’intérêt peu favorable.

Les frais de gestion subissent l’effet de la hausse des coûts réglementaires et en particulier du programme CCAR. Les coûts du renforcement des dispositifs commerciaux sont partiellement compensés par les économies liées à la rationalisation du réseau d’agences.

Globalement, le résultat avant impôt de BancWest recule de 6 % au 2e trimestre, à 178 millions d’euros.

EBM : Votre pôle Personal Finance, spécialiste du crédit à la consommation, se montre dynamique. Qu’en est-il de sa performance au 2e trimestre ?

Jean-Laurent Bonnafé : En effet, le développement de Personal Finance est resté extrêmement soutenu ce trimestre. Sur base comparable, l’encours total de crédit progresse de 3,6 % au 2e trimestre. Deux événements récents méritent d’être soulignés.

Tout d’abord, nous avons racheté au Groupe Galeries Lafayette sa participation de 50 % dans LaSer, ce qui fait de Personal Finance le 1er acteur spécialisé en France. Ensuite, nous avons renouvelé jusqu’en 2020 notre partenariat stratégique avec Commerzbank en Allemagne.

Les revenus s’améliorent légèrement à périmètre et à change constants et ils progressent de 1,4% hors éléments exceptionnels.

La croissance de l’activité est en ligne avec le plan et les encours augmentent dans l’ensemble des régions, particulièrement en Allemagne, Belgique et Europe centrale.

Les frais de gestion augmentent de 1,5 %, en lien avec la croissance de l’activité.

Le résultat avant impôt atteint 263 millions d’euros, en progression de plus de 18 % à périmètre et à change constants.

Au 2e trimestre, Personal Finance confirme donc son dynamisme en améliorant très sensiblement ses résultats.

EBM : Quels sont les éléments à retenir du 2e trimestre pour Corporate and Investment Banking ? Comptez-vous modifier vos projets d’expansion aux États-Unis et en Asie ?

Jean-Laurent Bonnafé : Notre pôle CIB réalise une bonne performance d’ensemble ce trimestre.

Commençons par les activités Conseil & Marchés de Capitaux où les revenus sont en forte progression, +22%, hors impact de l’introduction de la FVA (Funding Value Adjustment)

Les revenus de Fixed Income, augmentent de 22 %, hors introduction de la FVA. Les activités taux et crédit montrent une bonne évolution et l’activité change progresse, avec une très bonne performance en Asie.

Le 2e trimestre connaît également un bon niveau d’activité pour les émissions primaires, où nous confirmons notre position de leader en émissions obligataires « corporate » en euros.

Dans le métier Actions & Conseil, l’activité du trimestre reste très soutenue avec une croissance forte des revenus, de 23 % par rapport à l’exercice précédent. Nous avons connu une demande toujours soutenue de la clientèle pour les dérivés actions, tant sur les produits de flux que sur les produits structurés.

L’activité des fusion & acquisitions et des émissions d’actions est en croissance, et nous confortons notre 1ere place sur les émissions « equity linked » sur la région EMEA.

Dans le métier Corporate Banking, l’encours de prêts reste globalement stable par rapport au trimestre précédent. Sur les six premiers mois de l’année, nous conservons notre 1e place en crédits syndiqués en Europe, tout en continuant à développer notre plateforme de cash management internationale, ce qui a contribué également à la hausse de 16 % de nos dépôts, qui atteignent 73 milliards d’euros au 2e trimestre.

Nos revenus progressent ainsi de presque 3 %. En Asie, notre croissance reste forte au 2e trimestre. Les revenus de la zone Amériques sont en progression tandis qu’en Europe, l’activité reste faible compte tenu d’un contexte économique peu porteur et d’un ralentissement sur le secteur Énergie et Matières Premières.
Quant à votre question sur nos projets d’expansion, comme je le précisais il y a un instant, notre volonté de développer nos activités en Amérique du Nord reste intacte.

Dans la zone Asie-Pacifique, comme je l’indiquais, l’exécution de notre plan de développement se traduit par une sensible progression des revenus.

Autrement dit, pas de changement.

EBM : Quels sont les éléments marquants pour la performance du pôle Investment Solutions au deuxième trimestre ?

Jean-Laurent Bonnafé : Les actifs sous gestion d’Investment Solutions progressent à 883 milliards fin juin, grâce principalement à un effet de performance significatif.

La collecte nette du premier semestre est surtout tirée par l’Assurance, et dans une moindre mesure par Wealth management.

Au 2e trimestre, Securities Services a enregistré d’importants succès commerciaux, comme par exemple le mandat avec Generali que j’ai déjà mentionné et réalisé l’acquisition de l’activité de banque dépositaire de la Banco Popular en Espagne, ce qui représente un volume d’actifs supplémentaires de 13 milliards d’euros.

À périmètre et change constants, les revenus du 2ème trimestre progressent de 5 %, avec une contribution positive de l’ensemble des métiers, tout particulièrement de l’Assurance et de Securities Services.

Les frais de gestion augmentent du fait de cette augmentation de l’activité dans l’Assurance et chez Securities Services, mais aussi de la mise en place des plans de développement dans certains métiers et zones géographiques.

Le revenu avant impôt dépasse les 600 millions d’euros ce trimestre, en progression de 9,2 % par rapport à l’année précédente.

Pour conclure, retenons donc la bonne performance d’ensemble d’Investment Solutions au deuxième trimestre, tirée en particulier par l’Assurance et Securities Services.

EBM : Plus généralement, qu’en est-il de la structure du bilan de la banque ?

Jean-Laurent Bonnafé : Comme je vous le disais, notre ratio « Core equity Tier 1 Bâle 3 fully loaded » s’élève à 10 % à fin juin, ce qui est conforme aux objectifs de notre business plan.

Notre ratio de levier se situe à 3,5 %, bien au-delà du seuil minimum.

Nous avons également maintenu des réserves de liquidité immédiatement disponibles considérables, qui s’élèvent au total à 244 milliards d’euros à fin juin.

De plus, nous avons déjà entièrement réalisé notre programme de refinancement à moyen/long terme pour l’exercice, avec plus de 30 milliards d’euros levés.

Pour conclure, le groupe BNP Paribas dispose d’un bilan très solide, qui lui permet de financer son développement et d’accompagner ses clients dans leurs projets.

EuroBusiness Media (EBM) : Jean-Laurent Bonnafé, Administrateur-Directeur Général de BNP Paribas, merci beaucoup !

Jean-Laurent Bonnafé : Merci à vous.

Paris, le 31 juillet 2014 — Le Groupe BNP Paribas publie ses résultats du deuxième trimestre 2014. Jean-Laurent Bonnafé, Administrateur Directeur Général, commente les résultats du Groupe.
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